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Lectures Polar

Mafioso

Auteur : Ray Celstin

A la manière des trilogies magnifique de James Ellroy, Ray Celestin nous raconte l’histoire moderne des Etats-Unis en suivant la route du Jazz. Et c’est vrai que c’est cette musique qui illustre parfaitement les évolutions sociologiques des Etats-Unis et évidemment du monde entier.

On a débuté en Louisiane en 1919 pour se rendre ensuite à Chicago en 1928, et maintenant nous voici à New York en 1947.

On y suite toujours les deux détectives du début, Ida et Michael, qui ont bien sur vieillis et se retrouvent tous deux à des étapes cruciales de leur vie.

Ce troisième épisode nous montre l’emprise de la mafia italienne sur New York, voire même plus loin puisqu’on y assiste à la naissance de Las Vegas et à sa mainmise progressive sur l’industrie du spectacle (Hollywood notamment). Cette progression est permise par plusieurs facteurs : la chasse aux communiste devient une priorité nationale (le chef de FBI affirme que la mafia n’existe pas !) et les clans italiens se sont considérablement renforcés suite à leur rôle lors de la guerre, principalement après le débarquement allié en Sicile.

Le jazz évolue lui aussi puisqu’il se radicalise avec l’avènement du Be Bop et Louis Armonstrong, personnage récurrent des deux premiers tomes qui est lui aussi à la croisée des chemins – musicaux – fait encore une courte apparition. Fini le jazz comme musique de danse, on passe dans le camp de la revendication sociale, et raciale, qui aboutira quelques années plus tard au free jazz. 🎺

Le fond de l’histoire est une guerre entre les différentes familles mafieuses new-yorkaises. Nos deux détectives s’y trouvent mêlés parce que le fils de Michael est condamné pour un meurtre sordide qu’il n’a évidemment pas commis et ils n’ont que quelques jours pour éviter sa condamnation en retrouvant les vrais coupables.

En parallèle, le patron d’un club appartenant à la Mafia prépare sa sortie, mais lui aussi se trouve à la recherche des même personnes qu’Ida et Michael pour d’autres raisons : retrouver de l’argent détourné et pourchasser le tueur de sa sœur.

Evidemment cette quête parallèle deviendra à un moment un même histoire, mais il y aura eu son lot de fausses pistes et de rebondissements avant d’en arriver vers ce dénouement.

Le seul élément de faiblesse du livre – pour pinailler un peu – tient en le personnage du tueur quasi mythique – Faro – qui ressemblerait presque à Keyser Söze. J’ai trouvé que cet élément faisait un peu tâche dans un ensemble très réaliste et historiquement fouillé comme l’attestent les notes de l’auteur en fin d’ouvrage.

L’ombre de James Ellroy plane bien sûr sur cette quadrilogie, puisque c’est lui qui reste le roi de l’histoire incontesté de l’histoire moderne des Etats-Unis,vue par l’arrière cour. J’ai trouvé que parfois dans Mafioso, il y avait des accents Ellroyiens. Mais ne nous emballons pas, on est ici dans du polar classique : c’est moins violent, moins noir, moins politique, tout en étant des très bonne facture.

Bonne nouvelle il y aura un 4ème et dernier tome. A Los Angeles évidemment.

 

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