La tendresse des catastrophes

Auteur : xxx

Auteur : Martin Page

Martin Page a le chic pour trouver des personnages étranges. Je l’avais découvert à son premier roman (Comment je suis devenu stupide, que j’avais adoré) : cette fois-ci il nous met en scène deux personnages, aux antipodes l’un de l’autre, Harriet et Max.

L’une est issue d’une famille pauvre et est devenue riche par son travail, l’autre est issu d’une famille très riche et il est devenu pauvre par conviction.

Tous les deux vivent à côté du monde et ont du mal à sociabiliser (c’est le moins que l’on puisse dire).

Et comme le ying et le yang ils s’attirent irrépressiblement malgré tous leurs efforts pour ne pas.

Les personnages sont bien vivants et ancrés (malgré leurs bizarreries et leur jusqu’au boutisme qui pourrait friser le caricatural), j’aime beaucoup l’écriture de Martin Page, pour autant je n’ai pas du tout accroché à l’histoire. Il y a bien sûr le côté comédie romantique qui ne cesse d’être antiromantique (c’est marrant une fois ou deux, au delà je trouve cela un peu facile), le côté très parisien : on est soit banquière très friquée, soit actrice pauvre, soit militant écolo… pauvre aussi (le papa qui est juste pauvre n’est pas parisien) ; on est tout sauf hétéro, on va tous chez le psy, on mange des plats étranges.

En allant sur internet pour aller voir quelle tête pouvait avoir Martin Page, j’ai découvert (en plus de sa tête) qu’il se définit à la fois comme non binaire (!?) vegan et qu’il ne semble pas beaucoup aimer la banlieue (par ce qu’il n’y a rien)

C’est d’ailleurs amusant, seules deux villes sont citées : Paris et Montreuil ; les autres villes de banlieue portent des noms inventés. Et quand bien même les protagonistes y vivent, c’est pour devenir « normaux », ou presque.

Enfin chacun formule à tout bout de champ des discours hyper complets sur des luttes sociales, sexuelles, économiques, de classe… l’accumulation de ces discours (même bien écrits, même souvent marrants) fait un peu perdre de force à l’histoire en dispersant le propos.

En conclusion c’est presque bien. Et je crois bien que j’avais lu un autre roman de lui pour lequel j’étais arrivé à la même conclusion (mais je ne me souviens pas lequel sinon que j’avais été déçu). Je vais donc en rester là.

Note : 3 sur 5.
 

Note : 1 sur 5.

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