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Temps noirs

Auteur : Thomas Mullen

Second tome des enquêtes de la première équipe de policiers noirs d’Atlanta. Après Darktown et avant Minuit à Atlanta, j’ai retrouvé avec grand plaisir les agents noirs Lucius Boggs, Tommy Smith, Joe McInnins, le chef… blanc et Denis Rakestraw, un des seuls flics blancs à peu près intègre.

Tous vont se retrouver face à des dilemmes moraux : choisir sa famille ou son devoir (Denis), choisir entre celle que l’on aime et les injonctions familiales (Lucius) et choisir entre jouer le jeu en respectant les règles des autres ou refuser de le faire (Tommy). Finalement seul McInnis n’aura pas besoin de choisir, se contentant de rester un flic de devoir, mais d’autres ont fait un choix pour lui, alors rester un flic droit est déjà un choix fort.

Entre temps, on aura croisé des flics ripoux racistes et violents, le K.K.K, des néo-nazis, des banquiers véreux, un trio de frangin qui m’ont fait penser à Anton Chigurh de No Country for Old Men des frères Coen, un beau frère abruti, un simplet complexe et un tenancière de bar sensible de la gâchette.

L’écriture est nerveuse, précise et extrêmement efficace, quand on rentre dedans, difficile d’en sortir. Les personnages principaux comme les secondaires sont crédibles ; qu’ils soient de parfaits abrutis ou les « héros » et aucun n’est parfait ; loin de là, et c’est toute leur richesse.

Les histoires vont mêler le trafic de drogue (qui succède en cette année 1950 au trafic d’alcool), des histoires personnelles, la mutation des quartiers pavillonnaires blancs faisant face à l’arrivée d’une classe moyenne noire et évidemment la société sudiste qui s’arcboute sur un temps révolu.

Décidemment, cette trilogie est du niveau des histoire des Ellroy (la langue flambloyante en moins).

Note : 4.5 sur 5.
 

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