Auteur : Colette Braeckman
Un livre sur la RDC que j’ai dans ma bibliothèque depuis fort longtemps. Celui-ci est écrit par une journaliste belge spécialiste de la région des grands lacs et s’attache à décrire la période de l’après Mobutu.
Comme on peut s’y attendre c’est complexe car les intérêts d’à peu près tous les pays de la région y sont mêlés (Angola, Burundi, Ouganda, Zambie, Zimbabwe, Rwanda, Afrique du Sud) et même au-delà : la Belgique, bien sûr, la France aussi, les Etats-Unis et même la Chine (même si cette dernière est un peu moins présente à cette époque).
Qui soutenir dans une affaire si compliquée ? Où sont les bons, les méchants, les persécutés ? Comment se déterminer face à des victimes de victimes ?
Chap. 7 – Un désastre humanitaire
Cette complexité, en fait une guerre de basse intensité, c’est à dire surtout comme elle le souligne de basse publicité.
Il faut ajouter que le sous-sol de la RDC regorge de richesses inexploitées et que chacun va s’efforcer d’en tirer son propre profit, au détriment évidemment des populations locales, mais souvent, il faut le dire avec la complicité de « chefs de guerre » et « politiciens » locaux à la solde des uns et des autres ou tout simplement pour financer leur effort de guerre et/ ou pour leur propre profit.
C’est à fois fascinant et déprimant.
Au delà du drame réel qui est décrit ici (on parle de plusieurs millions de morts, oui millions !), l’autrice décrit le contexte politique interne à la RDC (notamment la succession de Kabila père qui a fait chuter l’inamovible Mobutu), terriblement complexe dans ce pays continent et le rôle trouble (à minima) des voisins. C’est un complément au formidable Congo, une histoire.
Une incise très intéressante nous renvoie au Zimbabwe qui m’a permis de de mieux comprendre l’image de Mugabe en Afrique qui est très différente de celle que l’on a de lui en Europe.
Au final, c’est assez agréable à lire, on sent que le sujet est très maîtrisé et que l’autrice porte un regard nuancé sur les événements. J’ai toutefois regretté qu’elle ne cite pas plus de sources car elle fait pas mal d’assertions sans que l’on puisse identifier d’où cela vient, cela m’a gêné à certains moment car on sent qu’elle est plus dans l’appréciatif que dans le factuel sans que l’on puisse distinguer à quel moment elle fait cette bascule dans sont analyse.