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La guerre froide

Auteur : John Lewis Gaddis

L’histoire contemporaine de la seconde moitié du XXème siècle en 300 pages, c’est un beau tour de force.
De 1945 au début des années 90, de Los Alamo à Berlin on parcourt les continents pour suivre la mise en place de la guerre froide, puis sa disparition soudaine.

Comme le souligne l’auteur, le plus étonnant sans doute, fut que la fin de la guerre froide ne s’est accompagnée d’aucune crise majeure, et de fait on a plus parlé ensuite de crises financières que de véritables crises géopolitiques. Cela viendra peut être avec la Chine ou la Turquie ?

Ils ne faut pourtant pas oublier que les décennies qui ont suivi la fin de la seconde guerre mondiale ont donné lieu à de nombreux conflits armés, souvent par tiers interposés, mais aussi a une escalade militaire sans précédent, nucléaire notamment.

C’est cet équilibre nucléaire, « l’égalité dans l’anéantissement », qui a mené a une espèce de statu quo qui finalement – c’est la thèse principale du livre – satisfaisait tout le monde car il ne faisait pratiquement aucun doute, que personne ne se servirait de l’arme nucléaire. Tant est si bien que suite aux premiers bombardements, le président de Etats-Unis à fait en sorte que leur usage ne soit pas soumis qu’aux desiderata des forces armées, mais entre des mains civiles (et politiques en l’occurrence).

Ce n’est que dans les années 80 que par une conjonction historique, plusieurs personnes sont arrivées sur le devant de la scène en même temps : Jean-Paul II, Reagan, Walesa, Deng Xiaoping et Gorbatchev. Tous ont eu en commun de remettre en cause ce statu quo, pour des raisons parfaitement rationnelles. Et de fait il n’a pas fallu longtemps, même si cela n’a pas été sans heurts, pour voir tout l’édifice s’écrouler… pacifiquement.

L’auteur cite aussi Thatcher, comme facteur de changement, mais je n’ai pas très bien compris pourquoi car les exemples qu’il cite sont parfaitement mineurs ou montrent un manque de clairvoyance assez important sur ce qui allait advenir (sur la réunification Allemande notamment).

Les rôles de Reagan et de Gorbatchev sont assez étonnant pour la certitude qu’ils avaient tous les deux d’agir dans le bon sens avec un pragmatisme assez incroyable.

C’est très bien documenté, d’une écriture rendue dynamique par les nombreuses citations. Un plaisir à lire.

Note : 4 sur 5.

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